Histoire de Grand Bourgtheroulde

L’histoire de la commune de Bourgtheroulde-Infreville

Il s’agit d’un travail de longue haleine qui nécessite beaucoup de temps de recherche et de disponibilité.
Pour cette rubrique, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues afin d’enrichir et/ou de mettre à jour, de compléter certaines données.

Un grand merci à Madame Suzanne Morillon pour sa patience, la finesse de ses recherches et sa ténacité, son aide est très précieuse.

 



L’église Saint Laurent de Bourgtheroulde

De l’église d’origine qui remonterait au 11ème siècle, c’est à dire aux origines même du bourg, il ne reste rien ou presque. Les remaniements opérés successivement lui ont enlevé tout caractère primitif et ne relève d’aucun style particulier aujourd’hui.

En 1660, l’église de Bourgtheroulde est totalement en ruine. Celle-ci sera pour partie reconstruite entre 1733 et 1747. Puis subira à nouveau des dégradations au moment de la Révolution en 1789.

L’église aujourd’hui est distribuée en 4 parties distinctes :

  • la tour-clocher,
  • la nef,
  • le chœur,
  • la sacristie.
  • La tour-clocher

La plus ancienne partie du monument actuel datant vraisemblablement du 14ème siècle. Il s’agit pour la voûte d’un assemblage de pierres de taille inégales et de silex. Travail courant à cette époque pour les bâtisseurs normands. Beaucoup d’exemples de ce style sont visibles encore dans nos campagnes.

Nous remarquons dans ce porche d’entrée une statue polychrome du 15ème siècle de saint Laurent, cette sculpture de pierre est classée.
La chasuble et l’étole sont remarquables de détails, remarquons quelques amulettes déposées par quelques paroissiens.
Saint Laurent est le patron des brûlés.

– Une petite statue de sainte Cécile, patronne des musiciens. Celle-ci daterait du 17 ou 18ème siècle. Cette statue fût retrouvée dans le jardin du presbytère.

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Les cloches

Le 3 juillet 1749, la grosse cloche est bénie, elle s’appellera Jean Baptiste François Angélique, offerte par Jean Baptiste François le Cordier de Bigard (marquis de la Londe, baron du Bourgtheroulde par son mariage avec  Angélique Voisin de Saint Paul qui avait acheté la baronnie au dernier Le Roux décédé sans descendance).

 

– La seconde fut achetée par la Fabrique de l’église en 1821. Le clocher n’avait qu’une seule cloche. Le 15 octobre 1821, les parrain et marraine de la future cloche sont choisis : M. Jacques Augustin Prudhomme, adjoint au maire et Mme Caroline Bosquier épouse de M. Verger tanneur à Pont Audemer, sœur de M. Bosquier maire et notaire de Bourgtheroulde. La cloche est installée en 1822 ou 1823. La date de son baptême, son nom, sont inconnus. Le 31 décembre, 300 francs sont alloués par la Fabrique à M. Capelain, fondeur, à valoir sur la totalité d’un montant de 600 francs.

La 3ème cloche a été offerte par la Générale KELLER entre 1950 et 1960. Elle porte le prénom de sa marraine : Madeleine.

La nef

En partie du 14ème siècle, notons 4 fenêtres inégales dans leur genre. Il semblerait que cette partie de l’église fût construite en plusieurs fois, sans pouvoir le prétendre d’une façon absolue.

Les fonds Baptismaux du 19ème siècle ne sont pas classés, ils sont pourtant d’une belle facture.

Les murs anciennement enduits ont retrouvé leur facture d’origine : pierre et silex.

Sur le mur de droite sont accrochés deux tableaux, restaurés par le Ministère de la Culture, Saint Laurent et Saint Sébastien, offerts par l’empereur Napoléon III (sous réserve).

Il semblerait, tout porte à le croire, que la nef a été construite avant le clocher sans pouvoir le préciser d’une façon absolue.

Le sol est composé de plusieurs carrelages, on attribue les vitraux actuels au 19ème siècle.

Existe une jolie statue de Sainte Cécile tenant plume et lyre, patronne des musiciens. Elle était autre fois polychrome.

Chapelle de droite

Saint Adrien, légionnaire romain du 2ème siècle. Une deuxième statue de Saint Joseph sans caractère particulier, 20ème siècle pense-t-on.

Chapelle de la Vierge (à gauche)

2 statues

D’une part, sainte Anne et de l’autre part Assomption de la Vierge vraisemblablement du 19ème siècle.

Mais le véritable trésor de notre église est la statue de la vierge qui date du 18ème siècle. Elles est en bois, classée et inscrite au patrimoine. Nous remarquons la finesse de sa silhouette. Elle est de l’école française. Les ateliers Legrand avec l’accord du Ministère de la Culture l’ont restaurée voici une vingtaine d’années.

Une mosaïque limite la nef et le chœur de l’église, datant de 1850 estime-t-on.

Les tombes

Avant Louis XVI, les morts étaient enterrés fréquemment dans les églises, Louis XVI prendra un édit interdisant cette coutume pour des raisons sanitaires. Une trentaine seraient encore enterrés entre la nef et le choeur.

Le choeur

Construit entre 1500 et 1525, Guillaume LE ROUX, seigneur de Bourgtheroulde y repose avec sa femme et ses deux fils. La découverte de la crypte ou ceux-ci repose remonterait aux années 1990.

Les stalles du chœur ont été déplacées. Trois tabourets de chantre. Les chasubles de l’époque étant très lourdes ceux-ci permettaient aux chantres de s’asseoir pendant l’office sans abîmer leurs chasubles.

Les vitraux

Le vitrail de gauche et celui du centre sont d’époque, celui de droite endommagé pendant la 2ème guerre mondiale, a été reconstitué avec les morceaux d’origine, mais dans un savant désordre.

Vitrail de gauche (monté au golgotha « calvaire » en bas à gauche le mendiant qui a donné de l’eau à Jésus). Au dessus du mendiant, le pécheresse sainte Madeleine avec son mouchoir qui épongera le sang de la couronne d’épines sur le visage du Christ. on y voit la Vierge, saint Jean et des soldats de la garde romaine habillés comme des nobles. Au dessus du Christ, un soldat tenant un fouet qui servira à fouetter le Christ. En fond, la représentation d’une ville (sans doute Jérusalem).

En haut du vitrail, il y a 4 thèmes :

  • la fuite en Egypte, à gauche la Vierge assise sur un âne,
  • le sacrifice d’Abraham, on voit un soldat levant un glaive
  • non identifié
  • les armoiries de Bourgtheroulde.

Vitrail du centre la crucifixion : le manteau doré en bas est d’un éclat exceptionnel et d’une finesse étonnante. En fond silhouette de la ville : saint Jean à droite et sainte Madeleine à gauche.

Vitrail de droite : celui-ci laisse à penser qu’il représentait la résurrection. On y voit un soldat dormant (gardant sans doute la sépulture du Christ), les armoiries de Bourgtheroulde, Jonas dans la gueule de la baleine.

La sacristie

Il est assez probable que celle-ci fût annexée après la construction de l’église au 18ème siècle. Elle pourrait être ordinaire, si elle ne décelait pas un fragment de « litre funéraire » (bandeau en effigie peint sur les murs généralement extérieurs d’une église, quelquefois intérieurs, à la suite du décès d’un seigneur).

Les litres cernaient fréquemment tout l’édifice. Concernant celle-ci, il s’agirait de armoiries du marquis de la Londe qui succéda à la famille Le Roux.

En sortant de l’église, remarquons l’orgue : il n’y aurait en France que 7 exemplaires de celui-ci, il est donc rare, mais non classé à l’inventaire. Il ne fonctionne plus.

La crypte

Milieu du 15ème siècle. Les pierres formant la voûte sont couvertes de noms de la population ou notables de l’époque.


L’église Saint Sauveur de Boscherville

Classée en 1924. Son origine remonte à la nuit des temps.

Dans sa présentation actuelle, l’édifice consiste en une nef accompagnée d’u chœur un peu plus étroit. autrefois, une chapelle dédiée à saint Antoine était greffée sur le mur sud-est. Cette chapelle a complètement disparu. On en trouve encore la trace à l’extérieur de l’église.

La sacristie a été rajoutée.

Les pièces les plus anciennes du mobilier remontent au 15ème siècle. Les autres pièces classées sont datées du 16ème siècle.

On trouve, successivement, sur le mur du fond :

  • St Roch, l’ange et le chien, pierre 17ème
  • St Adrien, patron des gardiens de prison, pierre 15ème
  • St Sébastien, pierre 17ème
  • St Jean -Baptiste, pierre 16ème
  • Vierge à l’enfant, pierre 15ème
  • St Nicolas et les enfants sortant du saloir, pierre 16ème
  • St Sauveur, patron de l’Eglise, encore badigeonné, pierre 17ème

A noter dans cette église, les éléments de deux poutres de gloire :

  • l’une datée du 17ème est située à l’entrée du chœur. Elle a une dimension compatibles avec celles de l’église.
  • l’autre datant du 18ème siècle a été rapportée au-dessus du maître autel certainement pour remplacer une toile qui a disparu.

Au dessus du retable majeur figure un pélican nourrissant ses petits. il est en bois et peut être daté fin 17ème et début 18ème.
Les boiseries « à plis de serviette » sont du 16ème mais n’ont été posés ici qu’au 18ème ou au 19ème.

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Histoire

On sait peu de choses sur l’Eglise saint Sauveur. Elle a pu avoir des liens privilégiés avec le château de la Mésangère puisqu’un membre de la famille « du Faÿ » y a été inhumé D’autre part, on raconte qu’autrefois, une double rangée de hêtres joignait le château de l’église. Actuellement, ces deux édifices se trouvent dans des communes différentes !

L’ancienneté de cette église rurale fait qu’elle n’est pas homogène dans on aspect extérieur : la partie ouest a plus souffert que le reste.

Signalons les deux contreforts soit disant romans ! Le graffito de navire situé à l’extérieur de la sacristie.

La chapelle St Antoine et l’électrification de l’église

La chapelle saint Antoine a disparu. Seule une voûte figurant sur le mur de l’église donne quelques indications : l’occasion nous en fut donné il y a 10 ou 12 ans lorsque la municipalité décida d’installer l’électricité dans cette église qui en était dépourvue. Le site étant classé, une installation souterraine était obligatoire. Il suffisait de placer judicieusement le compteur et le tableau électrique pour « couper » les fondations de la chapelle et obtenir ainsi quelques renseignements.

Lors du creusement d’une tranchée pour les eaux pluviales, des squelettes ont été retrouvés, puis une entrée, une dalle percée de trous dans lesquels d’autres squelettes ont été retrouvés.

Pour pouvoir pratiquer les inhumations, les paroissiens avaient dû percer cette dalle épaisse de 7 à 8 cm.

Le service d’archéologie de Haute-Normandie est venu et a identifié la dalle comme un vestige gallo-romain.

L’Eglise Saint Ouen d’Infreville

Cette église comprend trois parties :

• Le choeur,

•La nef,

•Le clocher reposant sur une tour.

La tour du clocher a une base du XIIIème siècle. Cette église dont le chœur date du XVIème siècle aurait été construite sur l’emplacement d’une église plus ancienne.

Le chœur

Construit au début du XVI siècle en pierre de Caumont. (d’importants travaux ont été faits en 1982 pour pallier aux dégradations causées par les fumées acides des industries de la vallée)

Le choeur comporte 8 fenêtres ogivales à 3 baies. l’une d’elles, celle du chevet, a été murée.

Au nord, une porte très basse était réservée au seigneur dont le château était proche. Au dessus de cette porte, se trouve une petite niche qui abritait une statue représentant Jésus dans les bras de Joseph d’Arimathie. Cette statuette, usée par la pluie, est maintenant dans l’église au dessus de la porte de la sacristie.

A l’extérieur, on remarque des traces très nettes à certains endroits d’une litre funéraire aux armes des Le Roux. Elle ne peut dater que de 1672 (Louis I) ou de 1712 (Louis II).

A l’intérieur, dix consoles soutiennent la voûte. 8 sont traitées en polychromie d’autres badigeonnées.

La Mairie

La construction de la mairie de Bourgtheroulde fut une rude et longue entreprise menée avec détermination et patience par son maire Monsieur VITTECOQ.

L’élaboration du projet, sa réalisation et la réception des travaux se déroulèrent sur 22 ans. Le principe en fut décidé en 1855. Il était rendu nécessaire parce que la première mairie et la justice de Paix étaient vétustes ; Mr VITTECOQ « La justice de Paix n’était réellement qu’un grenier peu digne d’y rendre la justice » (1866 extrait du compte rendu du conseil municipal).

Ce bâtiment ne figure sur aucun plan. On suppose qu’il se trouvait entre La Corne d’Abondance, les terrains de Mme GASSE (château KELLER) ; probablement à la place de l’hôtel de la gendarmerie actuelle…

 

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Le projet initial et les avatars de son financement…

Un architecte LAQUERRIERE d’Elbeuf fut contacté qui établit un devis de 13 315 (soit 2023 euros) pour construire un bâtiment qui devait regrouper :

•une mairie,

•une justice de paix,

•une prison, un logement pour un garde-champêtre et un concierge,

•une magasin de pompes incendie,

•une réserve pour la garde municipale.

Le préfet bloqua le projet en ajournant la subvention demandée au motif que la commune n’avait pas assez d’argent pour se permettre une telle construction.

Ainsi, bien que Bourgtheroulde soit chef-lieu de canton (ce qui lui vaut le siège d’une justice de Paix), dispose de cinq foires annuelles et soit bourg étape militaire, les ressources des 783 habitants n’étaient pas en rapport avec la commande du Conseil Municipal.

Le projet fut relancé en 1858 avec détermination : des impôts extraordinaires seront prélevés sur une période de 8 ans et toutes les ressources de la commune seront bloquées durant 10 ans. Le devis s’établit à 28 000 F soit (4262 €). Il fut demandé au préfet et au gouvernement impérial une subvention de 4683 F soit (712 €).

Compte tenu des décisions budgétaires prises, le projet fut approuvé en août 1859 et le maire autorisé de traiter de gré à gré avec un entrepreneur.

Mais le maire n’était pas au bout de ses peines ; il avait choisi le champ de foire comme emplacement idéal pour la future mairie. La place s’avérant insuffisante. Il fallut exproprier les habitants des 4 maisons qui la bordaient. Le conseil proposa de les racheter pour 14 000 F soit (2131 €) ce qui provoqua une vive opposition des propriétaires qui obtinrent au final une estimation de leur bien à 20 000 F soit (3044 €). De nouveaux impôts furent décidés et la construction put démarrer.

La première pierre fut posée en août 1863, l’inauguration eut lieu en 1866 mais la réception définitive des travaux ne fut réalisée qu’en 1872 (il est vrai que les travaux furent suspendus pendant l’occupation prussienne où la mairie servie de caserne à l’occupant qui la quittèrent en février 1971). Des travaux secondaires se poursuivirent sur plusieurs années encore pour l’horloge, le pavage des trottoirs et les planchers des greniers. Le tout coûta 44 000 F soit (6697 €).

Une inauguration sur fond de second-empire…

Elle eut lieu le 13 mai 1866 et donna lieu à une liesse légitime de la part de habitants qui s’étaient beaucoup privés et à une mise en scène très « politique ».

Le nouveau conseil municipal avait été installé un an plus tôt et chaque conseiller avait prêté serment selon la formule en vigueur : « Je jure obéissance à la constitution et fidélité à l »empereur ». Il se retrouvait en ce mois marial en présence du préfet JANVIER DE LA MOTTE, du conseiller général et sénateur LEFEVRE-DURUFLE, de la famille GASSE qui comptait un conseiller municipal, des maires du canton sur la place du champ de foire après la messe pour assister à la bénédiction de la mairie par l’Abbé MARTEL, curé doyen de Bourgtheroulde. Le préfet remit à cette occasion les insignes de chevalier de l’ordre impérial de la légion d’Honneur à Monsieur VITTECOQ.

On « banqueta » à 14h puis danses publiques, illuminations et feux d’artifice conclurent la journée.

Monsieur VITTECOQ pouvait faire écrire avec fierté sur les registres de délibération du conseil quelques temps après « la Mairie de Bourgtheroulde faisait l’admiration des étrangers ».

Il fut déposé en octobre 1870 après la défaite de Sedan par le préfet républicain et remplacé par arrêté par Monsieur BOUQUET pharmacien.

L’évolution des espaces

La conception de la mairie prévoyait un rez de chaussée « fonctionnel », c’est à dire réservé au magasin des pompes à incendie, à la réserve de la garde, au logement du concierge et du garde-champêtre et aux prisons. L’étage était municipal (salles des mariages et secrétariat sur le palier actuel) et judiciaire (salle d’audience et bureau du juge qui sont respectivement la salle du conseil et une réserve actuellement).

Le bureau du maire

Il n’était pas prévu dans les plans. cette situation perdurera jusqu’aux premières années du mandat de Monsieur GOT. Epoque où les employés municipaux construirent sous l’escalier un bureau qui a désormais disparu depuis la récente extension. C’est dans cette pièce que mourut Monsieur BEYER le dernier garde-champêtre en 1976 tandis qu’il allumait le radiateur de son maire. Son appartement devint alors le secrétariat des années 80.

Le bureau du maire prit la place du magasin des pompes à incendie en 1994.

La justice de paix

Ce lieu fonctionna jusqu’en 1956. Le dernier juge fut Monsieur GILBERT MARTIN député de l’Eure. L’ensemble des archives judiciaires du canton depuis la révolution se trouve dans le grenier.

Monsieur PICHE instituteur à la retraite a fait la classe dans la salle d’audience avant qu’un groupe scolaire moderne vint remplacer l’école primaire de garçons et de filles. C’est aujourd’hui la salle du conseil (salle à gauche en montant les escaliers).

Le bureau du juge, quant à lui, fut loué à maître DESPREAUX huissier de justice à Boissey le Châtel avant de servir de réserve.

Les prisons

On sait peu de choses à leur sujet. Il était prévu une prison pour les femmes l’autre pour les hommes. Il n’existe pas de traces précises sur leur occupation. On suppose que la chaufferie actuelle est l’une d’elles.

La place du champ de foire

Elle a constitué au cours des siècles un pôle économique important. Au moyen-âge, la vente des potiers d’Infreville s’y faisait régulièrement. Au 19ème s’y déroulaient 5 foires annuelles dont la principale au 1er janvier concernait la vente des chevaux : « la plus importante du département » selon Monsieur VITTECOQ. Elle se transforma au fil du temps sous l’influence des voies de communication et des besoins de stationnement.

Le Château Gasse Keller

Le château de Bourgtheroulde a été construit à la fin du 19ème siècle par Félix GASSE, riche propriétaire d’une manufacture de laine d’Elbeuf.

Deux œuvres restaurées d’Emile Minet, peintre du 19ème siècle ornent le grand escalier, l’une a immortalisé l’activité drapière et l’autre est une vue champêtre de Bourgtheroulde.

Il accueillera les associations artistiques et culturelles de Bourgtheroulde.

 

La porte des Marchands

résumé recueilli par Madame Suzanne Morillon

Cette porte appartenait au château des seigneurs LE ROUX. Le château fut ravagé par les ligueurs pendant les guerres de religion.

Ce nom lui fut donné naturellement car c’est à cet endroit que les voyageurs, pour la plupart des marchands, se réunissaient de bon matin pour rejoindre Rouen qui se trouvait à une journée de marche de Bourgtheroulde.

En 1993, lors de la création de la déviation, le chemin de la porte des Marchands disparut. En mai 1995, Madame Irène HUBERT fit don d’une petite parcelle supportant la porte des Marchands. Une plaque est posée retraçant l’historique de cette porte.

Grande Rue

L’histoire raconte que le domaine fut donné par Robert le Diable au précepteur de son fils Guillaume, un certain Théroulde ou Turold, d’où le nom du Bourg.

Les Tableaux de Minet

Réalisés par Emile Minet en 1894 restaurés en 2004 et visibles au château Keller, ces deux tableaux immortalisent les relations étroites entre Bourgtheroulde et Elbeuf concernant la fabrication des draps de laine.
La famille Gasse représente la réussite industrielle des manufacturiers du drap de laine d’Elbeuf. (Félix Gasse  était propriétaire d’une manufacture).

Cloches

La grosse cloche, nommée « Jean Baptiste François Angélique », est bénie le 3 juillet 1749 par les chanoines Dupont et Julien. Le parrain est Jean Baptiste François le Cordier de Bigards, marquis de La Londe et baron du Bourgtheroulde, représenté par Bernard Le Riche, son receveur. Angélique Le Cordier De Bigards, fille du parrain, marraine, est représentée par la femme Le Riche

La Commune libérée par les Soldats Canadiens le 26/08/44

La commune est libérée le 26 août par les Canadiens.Vingt-huit canadiens sont tués ou décèdent de blessures dans les jours qui suivent. Douze Canadiens sont inhumés provisoirement dans la cour de M. Verrier, route de Rouen ; seize Canadiens dans des endroits non indiqués. Le 4 ou le 5 juin 1945, les corps sont relevés et enterrés dans le cimetière de guerre canadien de Bretteville sur Laize dans le Calvados, entre Caen et Falaise.

Plus d'informations

Relevés : « Commonwealth War Graves Commission » – Royaume Uni – (Lettre du 14 mars 2005)

Inhumations des soldats précédemment enterrés à Bourgtheroulde-Infreville A Bretteville Sur Laize – Canadian War Cemetery – Calvados – France :

CameronJohn Alexander – capitaine – 33 ans – 4 Field Regiment Canadian Artillerie – de Toronto, Ontario – 26 août

Chervek Louis Emil.- soldat – 19 ans – Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada – de Régina, Saskatchewan – 29 août.

Dupuis Raoul – soldat – 33 ans – Les Fusiliers Mont-Royal – de Montréal, province du Québec – 27 août.

FancherKenneth Orval – soldat – 37 ans – Black Watch ( Royal Highland Regiment) of Canada – de Toronto, Ontario – 26 août.

Ford Clarence Walter – caporal chef – 31 ans – South Saskatchewan Regiment – de Bon Accord, Alberta – 29 août.

FraserNorman Edward – soldat – 21 ans – Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada – de Penetanguishene, Ontario – 26 août

Gallant Harold Wilfred – sergent – 20 ans – Essex Scottish Regiment – de Summerside, Prince Edward Island – 26 août.

GauthierEdward Wilfrid – soldat – 25 ans – Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada – de Montréal, province du Québec – 26 août

Guerin Cecil Francis – soldat – 23 ans – Black Watch (Royal Highland Régiment) of Canada – de Peterborough, Ontario – 26 août.

HeckmanPeter – soldat – 20 ans – Essex Scottish Regiment – de Sandwich, Ontario – 26 août

HillGeorge Leonard – soldat – 29 ans – Essex Scottish regiment – de Cainsville, Ontario – 26 août

Hourd Earl – caporal chef – 20 ans – South Saskatchewan Regiment – de Bender, Saskatchewan – 29 août.

LoweLeslie – soldat – 21 ans – Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada – de Moser’s River, Halifax Co., New Scotia – 26 août.

Macallar John A.– soldat – âge non indiqué – de Brae, Prince Edward Island – 26 août.

MorbyDonald Bain – soldat – 21 ans – Black Watch (Royal Highland regiment) of Canada – de Creemore, Ontario – 26 août.

McNab Roy Angus – capitaine – 31 ans – Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada – de Renfrew, Ontario – 26 août.

Parks Roland f. – caporal chef – 32 ans – Royal Regiment of Canada – d’Hamilton, Ontario – 26 août.

Price Donald Elmer – soldat – 22 ans – Essex Scottish Regiment – de Jeffries Corner, King’s co., New Brunswick – 26 août.

Sampson James John Joseph – soldat – 25 ans – Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada – de Toronto, Ontario – 26 août.

Starrat Harold F. – soldat – 25 ans – Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada – de Stawiacke, Colchester Co., Nova Scotia – 26 août.

StorrCecil Charles – capitaine – âge non indiqué – 2 Anti-Tank Regiment Royal Canadian Artillery – lieu d’origine non mentionné – 26 août.

Storry Clifford H. – sapeur – âge non indiqué – 7 Field Coy. Royal Canadian Engineers – lieu d’origine non mentionné – 26 août.

Swailes Stewart – caporal – 29 ans – Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada – de Montréal, Province du Québec – 26 août.

Thompson James – soldat – âge non indiqué – Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada – lieu d’origine non mentionné – 28 août.

Thompson William A. – soldat – 20 ans – Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada – de Sylvan, Manitoba – 26 août.

Vick William George Alfred – soldat – 23 ans – Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada – de Winnipeg, Manitoba – 29 août.

Westberg Carl – soldat – 37 ans – Queen’s Own Cameron Higlanders of Canada – de Bergland, Ontario – 29 août.

White Fred L. – soldat – 21 ans – Royal Regiment of Canada – de Saint-John, New Brunswick – 26 août.
Source Madame Suzanne MORILLON

L’histoire de la commune de Bosc Benard Commin

Un hôte de renom, Hector Malot

 

Hector Malot naît à la Bouille (près de Rouen) le 20 mai 1830. Il y vit cinq années. De 1835 à 1848 Hector habite une belle maison à Bosc-Benard Commin et fait ses études à Rouen au lycée Corneille (alors collège Royal) de 1842 à 1847. À 23 ans, après des études de droit, il quitte la Normandie pour Paris et il collabore à divers journaux. Après plusieurs années de journalisme, il publie en 1859 « les amants ». Ses romans sont immédiatement accueillis favorablement par la critique notamment par Thaine et Zola. C’est à cette époque qu’il se fait construire une coquette villa en 1864 à Fontenay-sous-Bois où il devient conseiller municipal et délégué cantonal pour l’éducation. C’est entre 1859 et 1896 que Malot va fournir l’essentiel de son impressionnante bibliographie, environ une soixantaine d’ouvrages.

« Sans famille », publié en 1878 sera son plus grand succès. Couronné par l’Académie française et traduit dans toutes les langues, ce chef-d’œuvre donnera un grand nombre d’adaptations audiovisuelles. Près de la moitié des romans d’Hector Malot se situent en Normandie. Il se documentait activement avant d’entreprendre le travail d’écriture. Il voyageait, observait, prenait des notes. L’ambition de Malot était de brosser à travers ses romans un tableau assez complet de la société de son temps avec des milieux sociaux très divers.

Hector Malot meurt le 17 juillet 1907 à Fontenay-sous-Bois.

La terre à pots

 

On ne peut passer sous silence l’activité économique, si importante, de la faïence et de la céramique. En effet, Bosc-Bénard-Commin est au centre d’une région de potiers, mais pas seulement. On fournit aussi la «terre à pots» aux faïenceries de Paris et d’ailleurs, notamment à la Maison Boulenger, qui pour­voit en carreaux de faïence blanche les constructeurs du métro parisien.

Le travail dans ces carrières s’effectue selon un rituel immuable, rythmé par les saisons et les nécessités de l’extraction. Il n’était pas rare que les carrières mettent à jour plusieurs couches de terre, sur quinze mètres de hauteur. Il fallait d’abord procéder au déboisement du terrain, puis enlever la couche superficielle. Cette terre partait généralement vers la briqueterie d’Iville. Ensuite, les couches se présentaient ainsi : argile noue, argile grise, puis sable blanc. Jadis, le travail d’extraction s’effectuait avec des pelles et des houes, car la séparation des argiles noire et grise d’avec le sable blanc était une opération minutieuse.

Les couches d’argile noire, si noire que certains la prenaient pour du charbon, atteignaient parfois sept mètres d’épaisseur, et c’était la plus recherchée, celle qui partait pour la Maison Boulenger… On l’extrait de la carrière au mois de juin pour l’entreposer dans un grand hangar contenant 500 tonnes environ. Là elle séchait une année.

Ces activités d’extraction de la «Terre à pots» ont cessé dans la région dans les années 1960, le travail des potiers lui aussi, mais l’argile et les pots restent bien présents dans la mémoire des habitants, mémoire entretenue par les 24 bouteilles de terre cuite exposées dans l’église, provenant de la voûte du chœur où elles servaient de caisse de résonance…

Buvey


Le patrimoine de la commune deThuit Hebert

L’église de Thuit-Hébert est depuis deux siècles environ l’ancienne chapelle du château. L’église d’origine se trouvait de l’autre côté de la voie ferrée, mais elle fut détruite par un incendie qui priva de lieu de culte les habitants de la commune. Les propriétaires du château mirent alors leur chapelle privée à la disposition de la commune, qui fit agrandir l’édifice et construire le chœur, grâce à de généreux donateurs, qui furent plus tard enterrés dans le chœur. C’est pourquoi notre église présente des styles différents, qui se fondent pourtant dans une harmonie plaisante.

 

Le village est doté d’une gare. En fait, c’est officiellement la gare de Bourgtheroulde, mais cette commune n’en voulait pas sur son territoire par peur de la pollution qu’allait certainement apporter le chemin de fer… Aussi le bâtiment, qui prit le nom de «Gare de Bourgtheroulde­ Thuit-Hébert», fut-il construit sur le territoire du village… D’ailleurs, cette construction a laissé des traces dans la désignation de certains lieux : un terrain agricole près du pont de Bouville s’appelle encore aujourd’hui «terrain de l’emprunt », car on y emprunta la terre nécessaire pour remblayer le soubassement de la voie ferrée. Thuit-Hébert fut le centre des expéditions d’argile venant de la région puisqu’elles devaient se faire, par contrat, exclusivement par la gare édifiée dans la commune.

Bien sûr, un «Hôtel du Chemin de Fer» se créa rapidement. Cet hôtel, qui faisait aussi office de café, n’était pas le seul débit de boisson de la commune : un café-tabac se trouvait de l’autre côté de la voie ferrée, et un autre magasin faisait café, épicerie, mercerie, dépôt de carburants et graineterie. On pouvait y acheter au détail les denrées nécessaires à la vie quotidienne.

D’autres commerces et entreprises étaient installés sur le territoire de la commune. En particulier, une corsetterie… pour les arbres : des corsets métalliques, fabriqués par monsieur Clément Hue, que l’on installait autour des troncs d’arbres pour éviter que l’écorce ne soit abîmée par les animaux.

 

On fêta la Saint Philbert à Thuit-Hébert jusqu’en 1975. C’était une manifestation d’importance, qui attirait de nombreux curieux. Elle commençait par la plantation d’un bouleau devant chaque maison, à charge pour les habitants de le décorer. Cette « tournée » était prétexte à visites et à d’autres tournées… Une longue journée bien arrosée! Le programme était chargé et comprenait une retraite aux flambeaux, une messe en musique, un concert, des jeux pour les enfants, un lâcher de ballons. Une année, l’un d’entre eux (ils étaient tous accompagnés d’un petit message) atterrit en Belgique, un autre en Roumanie… Les enfants qui avaient signé le message recevaient alors un petit cadeau envoyé par les personnes qui avaient découvert leur ballon.

 

Une autre occasion de rassemblement pour les villageois se présentait au moment de la moisson. Tout le monde allait glaner le blé à la faux et à la faucille. On faisait des gerbes qui tenaient serrées entre le pouce et l’index (c’était la mesure, il ne fallait pas qu’il reste un ongle !») ; ces gerbes étaient assemblées par 10 pour former les «dixots» de blé, qui s’appelaient des «demoiselles» pour l’avoine. Tous les enfants y allaient, mais il ne fallait pas «traîner près des dixots».

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